Hiver 1850, au cœur du pays de Caux. Au presbytère de Cideville, l’abbé Tinel héberge deux jeunes élèves. Un soir de novembre, des coups retentissent dans les murs. Puis les phénomènes s’enchaînent : objets qui se déplacent seuls, pierres qui volent comme lancées par des mains invisibles, gémissements dans la nuit.
Au village, un nom circule vite : celui de Thorel, un berger que l’on dit doué de pouvoirs. On raconte qu’il en voudrait au curé. Pour briser le maléfice, un habitant du presbytère arme ses amis de longues pointes de fer. Ils frappent l’air dans l’obscurité. Des étincelles jaillissent. À chaque coup, une voix gémit : « Pardon, pardon ! » Elle semble venir de Thorel, pourtant invisible.
Le lendemain, Thorel se présente au presbytère, le visage couvert d’égratignures qu’il tente de cacher sous son chapeau. Il se jette aux pieds du curé pour implorer son pardon. L’abbé le chasse de trois coups de canne.
L’affaire ne s’arrête pas là. Humilié, Thorel porte plainte. Devant le juge de paix d’Yerville, les témoins se succèdent et racontent des choses étranges : des prédictions qui se réalisent en vingt minutes, des cailloux qui s’arrêtent net avant de toucher des promeneurs, un homme qui s’effondre, comme étranglé par une force invisible, après une menace du berger.
Cideville est un petit village de Seine-Maritime, près d’Yerville, au cœur du pays de Caux. Si vous passez par le village, gardez à l’esprit que le presbytère est une habitation : admirez-le de l’extérieur. Et si un caillou tombe à vos pieds sans raison apparente… ne cherchez pas le berger.