Près de la Côte d’Opale, entre Berck et Montreuil, le petit village d’Airon-Notre-Dame garde une source au nom étrange : la Coque-des-Moines. Personne ne sait très bien ce que signifie ce « coque ». Mais tout le monde, ici, sait ce qui s’y est passé.
C’était une veille de Noël. Quatre moines de l’abbaye de Saint-André-au-Bois faisaient route vers l’abbaye de Saint-Josse, où ils devaient célébrer la messe de minuit. La neige recouvrait tout : les chemins, les fossés, les marais. Les moines se perdirent. Leur chariot quitta la route, et la source les engloutit, eux, leur chariot et leurs quatre chevaux.
Jamais on ne les revit. Mais les nuits de Noël, dit-on, si l’on tend l’oreille au-dessus de la Coque-des-Moines, on entend monter des profondeurs le chant des moines, qui célèbrent encore, sous l’eau, la messe qu’ils n’ont jamais pu dire.
Airon a une autre curiosité. Pendant la procession de Bavémont, raconte-t-on, une seule grenouille coasse dans le marais. Le dicton en est resté : d’une assemblée de femmes bien sages, on dit qu’« elles ressemblent aux grenouilles d’Airon, car une seule parle à la fois ».
Airon-Notre-Dame se trouve à quelques kilomètres de Berck-sur-Mer, dans l’arrondissement de Montreuil. Faites un détour par l’église du village, puis prolongez la balade vers Saint-Josse, ou vers Montreuil-sur-Mer et ses remparts. Et la nuit de Noël, si vous passez près d’une source… écoutez bien.