Illustration de la légende de la Fontaine hideuse et du château du diable, à Beuvry (Pas-de-Calais)

Le récit

À Beuvry, près de Béthune, se dressait jadis un château dont les tours se miraient dans les eaux d’un étang. Nul n’en approchait. Des sentinelles au langage inconnu en gardaient les abords. Et l’on murmurait que le seigneur des lieux n’était autre que le diable.

Chaque veille de Noël, des orgies s’y tenaient. Des rires sardoniques et des plaintes déchirantes traversaient la nuit jusqu’au village, puis s’éteignaient d’un coup au douzième coup de minuit.

Une année, les cris et les rires redoublèrent. Personne ne dormit. Au matin, un silence de plomb pesait sur Beuvry : le château avait disparu, englouti par l’étang. À la place des tours, il ne restait qu’une source agitée d’un tourbillon inquiétant. On l’appela la Fontaine hideuse.

Depuis, dit-on, la nuit de Noël, des échos montent encore de la fontaine : des cris, des rires, comme un concert venu d’outre-tombe.

Ce que disent les archives

  • Les châteaux engloutis, un grand classique. Le château, la ville ou le couvent qui disparaît sous les eaux pour punir les péchés de ses habitants est l’un des récits les plus répandus de France. La nuit de Noël y joue souvent un rôle clé : c’est le moment du châtiment, et celui où, chaque année, on entend encore la fête maudite.
  • Un nom qui intrigue. Une fontaine dite « hideuse » a de quoi faire naître une légende. Comme souvent, le récit est peut-être venu expliquer après coup un nom de lieu étrange.
  • À vérifier. Nous n’avons pas trouvé de source en ligne sur la Fontaine hideuse de Beuvry. Si vous savez où elle se trouvait, ou si une rue en porte encore le nom, écrivez-nous.

Sur place

Beuvry se trouve dans le Pas-de-Calais, aux portes de Béthune. Si vous partez à la recherche de la Fontaine hideuse, interrogez les anciens du village. Et la veille de Noël, si vous entendez des rires là où il n’y a que de l’eau… passez votre chemin.

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