Il ne reste du château de Chantemerle que des ruines, mais elles ont gardé leur histoire. Y vivaient autrefois Guillaume, son épouse Isabeau, et leurs deux enfants, Madeleine et Renaud.
Guillaume était revenu de croisade avec deux trophées. Un diamant énorme, arraché au cadavre d’un Sarrasin qu’il avait tué de sa main. Et une jeune esclave maure, qui devint bientôt l’amie d’Isabeau.
Un jour, le diamant disparut. On accusa l’esclave. Elle fut conduite en forêt et brûlée vive. Sur le bûcher, elle cria son innocence et maudit le château, dame Isabeau et ses enfants.
Le vrai voleur ne fut jamais puni. On dit qu’on entend encore, dans les branches d’un chêne, le ricanement d’une pie qui tient le diamant dans son bec.
La malédiction frappa toute la famille. Isabeau fut changée en un énorme rocher, près de la chapelle Seguin, au-dessus d’un ruisseau. Madeleine devint chaque nuit une biche blanche qui errait seule dans les bois. Beaucoup tentèrent de la capturer, sans jamais y parvenir.
Renaud entendit parler de cette biche et voulut l’avoir. Il la blessa d’une flèche et la tua. Le cri qu’elle poussa en mourant lui révéla la vérité : c’était sa sœur.
La malédiction le rattrapa à son tour. Changé en ours, il erra dans les bois et terrorisa la contrée, jusqu’au jour où il fut pétrifié sur la façade de l’église d’Angles. Il y est encore.
L’ours de pierre se voit au sommet de la façade de l’église Notre-Dame-des-Anges, dans le bourg d’Angles (Vendée). En le regardant, demandez-vous qui il était vraiment : monstre dompté ou fils maudit ?