Illustration de la légende de Mélusine et du roc Cervelle, à Bécéleuf (Deux-Sèvres)

Le récit

À Parthenay, dans la Gâtine, les ruines du château des Larchevêque se dressent au-dessus du Thouet. Ces pierres, dit-on, furent l’une des demeures de Mélusine, la fée bâtisseuse, mi-femme, mi-serpent. Les nuits calmes, on entend parfois des cris sinistres monter des ruines : c’est elle, qui pleure encore sa demeure perdue.

Quand le château tomba, la fée chercha un nouveau refuge. Elle le trouva à quelques kilomètres de là, dans la vallée de l’Autize : un énorme rocher, le roc Cervelle. Depuis, elle y guette les voyageurs, et ses cris les font fuir.

Au pied du rocher s’ouvre une grotte. L’hiver, une petite source y apparaît. Les gens du pays n’ont jamais douté de son origine : c’est l’œuvre de Mélusine. Certains, moins poétiques, prétendent même qu’il s’agit de l’urine de la fée ! Et l’eau qui suinte des ruines du château, à la mauvaise saison, viendrait d’elle aussi.

Ce que disent les archives

  • Un roman commandé par les seigneurs de Parthenay. Au début du XVe siècle, Guillaume Larchevêque, seigneur de Parthenay, commande au poète Coudrette un Roman de Mélusine en vers. Pour la famille, se rattacher à la fée, ancêtre légendaire des Lusignan, était une manière de s’offrir une généalogie prestigieuse.
  • La fée bâtisseuse du Poitou. Selon la légende, Mélusine construisait châteaux et églises en une nuit, à condition que son époux ne la voie jamais le samedi, jour où elle redevenait serpente. Lusignan, Vouvant, Parthenay et bien d’autres lieux du Poitou se disputent son souvenir.
  • Les cris de Mélusine. Dans la tradition, la fée pousse des cris déchirants autour des châteaux de sa descendance pour annoncer une mort ou un malheur. C’est l’une des figures majeures du folklore de l’Ouest.

Sur place

À Parthenay, parcourez la citadelle médiévale, la porte Saint-Jacques et les ruines du château. Pour le roc Cervelle, rendez-vous à Béceleuf, où une randonnée balisée suit la vallée de l’Autize. Et si un cri traverse la vallée au crépuscule, ne cherchez pas l’oiseau : c’est peut-être la fée.

Sources

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