À La Chapelle-Largeau, aux confins des Deux-Sèvres et de la Vendée, une source coule au pied de gros rochers : la fontaine des Farfadets. C’est de là, dit-on, que sortaient chaque soir ces petits êtres malicieux qui faisaient tourner la tête de tout le pays.
À la tombée de la nuit, ils quittaient leur repaire et filaient à travers la lande. Perchés sur les cheminées, ils s’amusaient à faire tomber la suie dans les marmites, au grand désespoir des ménagères.
Puis, la veillée terminée, ils se glissaient sans bruit auprès des fileuses. Ils taquinaient les plus âgées, se moquaient des moins gracieuses, et murmuraient des mots doux à l’oreille des jeunes filles, sans jamais se laisser voir.
Un soir, une fermière en eut assez. Elle disposa autour de sa cheminée des trépieds et des chaufferettes en terre cuite, chauffés à blanc et surmontés de barreaux de fer rougis au feu. Les farfadets, sûrs d’eux, vinrent s’asseoir comme d’habitude… et bondirent aussitôt en hurlant : « Cul brûlé ! Cul brûlé ! » Ils s’enfuirent dans la lande et, depuis ce jour, se montrèrent beaucoup moins hardis.
La Chapelle-Largeau se trouve près de Mauléon, dans le nord des Deux-Sèvres, en plein bocage. Ses chemins creux se prêtent bien à la balade. Si vous trouvez la fontaine, asseyez-vous sur une pierre… après avoir vérifié qu’elle n’est pas brûlante.