Illustration de la légende du cheval Gauvin, noyeur de la Loue, à Chamblay (Jura)

Le récit

Dans le Jura, au bord de la Loue, le village de Chamblay se méfie d’une créature qui ne se montre presque jamais : le cheval Gauvin.

Les nuits sans lune, on entend résonner ses sabots sur les vieux chemins. Ceux qui l’ont aperçu ne s’accordent pas sur son apparence : on le dit parfois boiteux, à trois pattes, parfois plus proche d’un bouc que d’un cheval. Il longe les rivières, enveloppé de brume.

Une femme de Chamblay le rencontra un jour. Il lui parut tout à fait ordinaire, un brave cheval sans maître. Elle s’approcha, puis, par curiosité, monta sur son dos. À peine était-elle en selle qu’il bondit et plongea dans la Loue. Elle en ressortit, mais ne se remit jamais de son effroi ni du froid, et mourut peu après.

On raconte aussi qu’un homme de Chamblay voulut en avoir le cœur net. Il se posta un soir sur le chemin du cheval. Il entendit les fers approcher… mais ne vit rien. Seulement, il sentit les coups cinglants d’une cravache invisible. Il n’eut plus jamais envie de guetter le Gauvin.

Ce que disent les archives

  • Une mort datée. Le folkloriste jurassien Désiré Monnier rapporte l’histoire de la femme de Chamblay dans ses Traditions populaires comparées, en 1854. Il précise qu’elle est morte en 1836, sans doute des suites de sa frayeur.
  • Un cheval de toute la Franche-Comté. Le cheval Gauvin est commun à la Franche-Comté et au Jura suisse. Il longe les rivières et cherche à noyer quiconque le monte. Dans le Jura français, il hante la vallée de la Loue et la forêt de Chaux, où il aurait enlevé des jeunes filles.
  • Une peur bien vivante au XIXe siècle. À Montbarrey, en 1839, des anciens affirmaient encore avoir eu peur de lui dans leur jeunesse. On menaçait du Gauvin les enfants de Montbarrey, de Joux ou de Dole pour qu’ils ne s’approchent pas de l’eau.
  • Un croquemitaine des rivières. Pour Monnier, ces chevaux maléfiques servaient surtout à effrayer les enfants. Leur rôle est clair : éloigner les petits des berges, où la noyade guettait.

Sur place

Chamblay se trouve dans la basse vallée de la Loue, non loin de la forêt de Chaux et de Dole. Les berges de la rivière offrent de belles promenades. Mais si un cheval sans maître vient vers vous au bord de l’eau, ne cédez pas à la tentation de monter sur son dos.

Sources

Q Sources

  • Les sources du Hérisson et de la Sène sont associées à des chevaux blancs mystérieux, tandis que la Fontaine-Ronde est visitée par un cheval invisible. Le cheval de l'enfer Gauvain de Chamblay, qui apparaît la nuit, a causé la mort d'une jeune fille ayant tenté de le monter, et le nom de Bayard des quatre fils Aymon traverse les montagnes jurassiennes. > Les Chevaux de la légende

  • Le cheval Gauvain est une créature maléfique de la région franco-suisse de Franche-Comté, connue pour tenter de tuer les personnes qui l'enfourchent en les noyant ou en les précipitant dans un gouffre. Réputé se promener le long des cours d'eau, dans les forêts ou dans les cimetières, il est également décrit traversant les villages en enlevant les jeunes filles. Mentionné dès 1854 par Désiré Monnier, cette légende est présente dans plusieurs localités de la région. > Wikipédia: Lumière sur le Cheval Gauvin

  • Le cheval Gauvain est une créature légendaire maléfique de Franche-Comté et de Suisse, se promenant le long des cours d'eau et des forets pour tenter de tuer ceux qui l'enfourchent. Il est associé à des événements tragiques, comme la noyade d'une chambléisienne en 1836 ou la disparition mystérieuse d'Amaury III, Sire de Joux. La légende du cheval Gauvain est marquée par des apparitions surnaturelles et des mises en garde contre la tentation de dompter une créature aussi dangereuse. > Le Cheval Gauvin - Contes et Légendes

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