Illustration de la légende du chat monstrueux et de la fondation de Chambéry (Savoie)

Le récit

Au pied des Alpes, Chambéry a longtemps hésité sur ses origines. Deux légendes se disputaient la paternité de son nom. La première met en scène un monstre. La seconde, des écrevisses.

Il y a très longtemps, raconte la première, un chat gigantesque, presque diabolique, terrorisait les voyageurs qui franchissaient la montagne au-dessus du lac du Bourget. Nul n’osait plus passer. Un jour arriva un chevalier nommé Berius, compagnon du roi Arthur, en route vers l’Italie. Il affronta la bête et lui trancha la tête d’un coup d’épée. Puis, reprenant son souffle, il contempla la plaine qui s’étendait à ses pieds. Elle était si belle qu’il décida d’y fonder une ville : Campus Berii, le « champ de Berius ». Chambéry était née.

Le père Jacques Fodéré, un érudit franciscain du XVIIe siècle, n’y croyait guère. Pour lui, le nom venait d’un mot savoyard, chambéro, qui désigne l’écrevisse, si abondante dans les eaux du lieu. Il racontait même que, lorsqu’on creusait une tombe dans l’église Saint-François, l’eau jaillissait aussitôt, charriant une foule d’écrevisses.

Ce que disent les archives

  • Un chat venu des romans arthuriens. Le chat monstrueux de la légende est un personnage bien connu de la littérature médiévale : le Chapalu, ou Capalu, héritier du Cath Palug des légendes galloises. Dans plusieurs récits français, c’est le roi Arthur lui-même qui le combat près d’un lac, et la tradition le situe au bord du lac du Bourget.
  • Le mont du Chat. La montagne qui domine le lac du Bourget, à l’ouest de Chambéry, s’appelle encore aujourd’hui le mont du Chat. Selon la tradition, c’est Arthur qui l’aurait ainsi baptisée après sa victoire.
  • L’explication des historiens. Les spécialistes rattachent plutôt le nom de Chambéry à Cambariacum, le domaine d’un certain Cambarius. Clin d’œil savoureux : en italien, gambero veut dire… écrevisse. Les deux légendes ne sont peut-être pas si éloignées.
  • Un monstre jusqu’en Italie. Une mosaïque du XIIIe siècle, dans la cathédrale d’Otrante, dans le sud de l’Italie, pourrait représenter le combat d’Arthur contre le chat.

Sur place

À Chambéry, la vieille ville et son château des ducs de Savoie se visitent à pied. Pour le décor de la légende, prenez la route du col du Chat, qui franchit la montagne au-dessus du lac du Bourget : la vue sur le lac est spectaculaire. Du sommet du mont du Chat, on comprend pourquoi Berius, ou Arthur, est tombé sous le charme.

Sources

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