Au-dessus du lac d’Aiguebelette, en Savoie, la montagne qu’on appelait autrefois la Guilleberie marquait une frontière : celle des diocèses de Grenoble et de Belley. L’histoire qu’on y raconte remonterait à 1480. Car pour les gens du pays, ce lieu cachait bien plus qu’une limite.
Là où brille aujourd’hui le lac, s’étendait jadis, dit-on, une ville d’une richesse inimaginable. Palais, rues animées, fêtes sans fin. Un soir, un mendiant s’y présenta, attiré par la musique et les rires. Partout, on le chassa sans pitié. Seule une vieille femme, qui vivait à l’écart, lui ouvrit sa porte et partagea son pain.
Au matin, quand elle ouvrit ses volets, la ville avait disparu. À sa place, il n’y avait plus que de l’eau. Le mendiant n’était plus là. Au loin, seule une silhouette sombre s’éloignait… en marchant sur les eaux.
Les deux îles du lac, assure-t-on, sont les derniers vestiges de la cité engloutie.
Le lac d’Aiguebelette, aux eaux vert émeraude, compte plusieurs plages surveillées et compte parmi les lacs les plus chauds de France en été. On peut le parcourir en barque ou en pédalo, mais sans accoster sur les îles. En regardant le fond depuis la surface, demandez-vous si quelque chose y brille encore.