Il y a plus de mille ans, la rive droite de l’Allier n’était qu’une forêt épaisse, la forêt de Moladier. Un sire de Bourbon nommé Archambaud y chassait un jour avec son escorte. La traque l’entraîna loin des siens. Quand il releva la tête, il était seul, au bord de la rivière, et le jour tombait.
Un passeur l’aida à franchir les eaux. De l’autre côté, la nuit acheva de l’engloutir. Égaré, transi, le seigneur aperçut enfin une lueur : celle d’un moulin, posé au bord d’un étang dormant que l’on appelait Bréchimbault. On lui ouvrit. Et la porte fut tenue par la meunière.
Elle était jeune, et d’une beauté qui fit oublier au chasseur la fatigue et le froid. Archambaud repartit au matin. Mais il revint. Puis revint encore, chaque fois que le meunier s’absentait. Pour ne plus dépendre du hasard, il fit bâtir à deux pas du moulin un rendez-vous de chasse. On y vit souvent la lumière brûler tard.
Le pavillon devint château. Autour du château se serrèrent des maisons, puis des rues, puis une ville. Et cette ville garda le nom de ce qui avait tout commencé : Moulins.
Commencez par la Mal-Coiffée, au cœur de la vieille ville : c’est le dernier témoin du château des ducs. Rejoignez ensuite le théâtre municipal, rue Candie, au bout du cours Jean-Jaurès. Sous la salle à l’italienne dorment les eaux de l’étang Bréchimbault, là où, dit-on, tournait autrefois la roue d’un certain moulin.