À Aurillac, la nuit du jour des morts n’est pas une nuit comme les autres. Quand sonne le douzième coup de minuit, le porche de l’église Saint-Géraud s’ouvre sur une étrange procession. Un à un, en silence, sortent les spectres de tous ceux qui mourront dans l’année. Ils marchent d’un pas lent jusqu’au cimetière. Là, les attend la Mort en personne, un squelette qui les prend par la main et les mène en dansant jusqu’à leur future tombe.
Un jeune homme voulut un jour vérifier ce que racontaient les anciens. Caché dans l’ombre, il regarda défiler les âmes… et reconnut parmi elles sa propre silhouette. Il perdit la raison sur-le-champ, et mourut peu de temps après.
Le rocher Saint-Étienne, qui domine la ville, a lui aussi ses fantômes. Au pied du rocher, on aurait mis au jour en 1620 un ancien cimetière. La veille de la Toussaint, les âmes des enfants morts sans baptême viendraient s’y rassembler pour pleurer et réclamer des prières. D’autres témoins parlent de prêtres en chapes noires, le crâne blanchi et les orbites vides, qui déterrent des squelettes en chantant dans une langue que plus personne ne comprend.
L’église Saint-Géraud se dresse au cœur de la vieille ville. Montez ensuite au château Saint-Étienne, sur son rocher : son donjon carré remonte au XIIe siècle, et le château abrite aujourd’hui le Muséum des volcans. Mais le soir du 2 novembre, évitez peut-être de vous attarder devant le porche de l’église…