Illustration de la légende de la Dame blanche et de la terrasse des fées, à Chomelix (Haute-Loire)

Le récit

Près de Chomelix, en Haute-Loire, la rivière Arzon s’enfonce dans des gorges profondes, presque impénétrables. Au-dessus du ravin, une dalle de pierre a la forme d’un siège : on l’appelle la Chaise de la Dame. Et sa propriétaire ne vient que les nuits noires.

Quand l’orage éclate, la Dame blanche surgit de l’obscurité. Debout sur son trône de pierre, éclairée par les éclairs, les cheveux livrés au vent, elle porte une couronne de lierre qui luit dans la nuit. Son bras se tend vers l’est, comme pour montrer le chemin aux voyageurs égarés. Puis elle s’assoit, et pleure. Ses larmes brillent comme des perles. Elle pousse un long cri de désespoir, et disparaît.

Un peu plus loin s’avance la terrasse des Fées, un étroit belvédère au sommet d’une roche lisse, qu’on n’atteint qu’en sautant depuis un autre rocher. De là, on aperçoit, sur l’autre versant, le cimetière des Druides. Les nuits d’orage, pendant que la Dame veille, les fées s’éveillent. Elles préparent dans la grotte de la Pedze un mélange de poix et de résine de pin, puis courent emplir de feu les creux des menhirs et les crêtes des rochers. Toute la vallée s’illumine de lueurs dansantes à travers la brume.

Ce que disent les archives

  • Une autre version, plus douce. Selon la tradition rapportée par l’office de tourisme de la Haute-Loire, la Dame apparaissait plutôt les longues nuits d’hiver. Couronnée de houx ou de lierre, elle s’asseyait sur la pierre et chantait en jouant de la harpe. Ses larmes de feu guidaient les voyageurs perdus jusqu’au bon chemin. C’est une dame blanche bienveillante, bien loin des fantômes menaçants du folklore.
  • Un château et un village fantômes. La Chaise de la Dame se trouve près des ruines du château d’Arzon, avec sa tour, ses murs et ses oubliettes. Le village voisin d’Arzon a été abandonné : sa dernière habitante, Victorine Jousserand, l’occupait encore quand il a brûlé, le 15 août 1974.
  • Un menhir classé. Non loin, au Monteil, se dresse un menhir de granite d’environ 1,60 mètre, creusé d’une petite cuvette. On l’appelle « les Fauchers de Chomelix ». Il est classé monument historique depuis 1889.
  • Les lueurs dans la nuit. Les feux mystérieux allumés par les fées sur les rochers rappellent les feux follets et les feux de saint Elme, que les anciens observaient par temps d’orage et attribuaient à des êtres surnaturels.

Sur place

Une boucle balisée en jaune part du parking de l’église de Chomelix. Elle passe par Fournac et sa passerelle sur l’Arzon, puis par un point de vue sur les gorges, avant de descendre jusqu’à la rivière, aux ruines du village et du château d’Arzon. Le retour remonte par le plateau de Nolhac et le menhir du Monteil. La descente est raide : prévoyez de bonnes chaussures. Et ne vous y aventurez pas par temps d’orage, même pour voir la Dame.

Sources

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