Près de Chomelix, en Haute-Loire, la rivière Arzon s’enfonce dans des gorges profondes, presque impénétrables. Au-dessus du ravin, une dalle de pierre a la forme d’un siège : on l’appelle la Chaise de la Dame. Et sa propriétaire ne vient que les nuits noires.
Quand l’orage éclate, la Dame blanche surgit de l’obscurité. Debout sur son trône de pierre, éclairée par les éclairs, les cheveux livrés au vent, elle porte une couronne de lierre qui luit dans la nuit. Son bras se tend vers l’est, comme pour montrer le chemin aux voyageurs égarés. Puis elle s’assoit, et pleure. Ses larmes brillent comme des perles. Elle pousse un long cri de désespoir, et disparaît.
Un peu plus loin s’avance la terrasse des Fées, un étroit belvédère au sommet d’une roche lisse, qu’on n’atteint qu’en sautant depuis un autre rocher. De là, on aperçoit, sur l’autre versant, le cimetière des Druides. Les nuits d’orage, pendant que la Dame veille, les fées s’éveillent. Elles préparent dans la grotte de la Pedze un mélange de poix et de résine de pin, puis courent emplir de feu les creux des menhirs et les crêtes des rochers. Toute la vallée s’illumine de lueurs dansantes à travers la brume.
Une boucle balisée en jaune part du parking de l’église de Chomelix. Elle passe par Fournac et sa passerelle sur l’Arzon, puis par un point de vue sur les gorges, avant de descendre jusqu’à la rivière, aux ruines du village et du château d’Arzon. Le retour remonte par le plateau de Nolhac et le menhir du Monteil. La descente est raide : prévoyez de bonnes chaussures. Et ne vous y aventurez pas par temps d’orage, même pour voir la Dame.