Au pied des monts d’Arrée, le village de Brennilis garde une demeure qui n’a pas été bâtie pour les humains. C’est un énorme dolmen, couvert de lourdes dalles : la Maison des fées, Ti ar Boudiged en breton. Ses habitantes, disait-on, étaient de petites fées naines, qu’il valait mieux ne pas déranger.
Mais la nuit, à Brennilis, d’autres silhouettes rôdent près de l’eau : les lavandières de nuit, les kannerezed noz. Immenses, d’une maigreur effrayante, elles battent et tordent leur linge au bord des lavoirs déserts. Et du linge qu’elles essorent ne coule pas de l’eau, mais du sang.
Elles ne se contentent pas de laver. Quand un passant s’attarde, elles l’appellent pour qu’il les aide à tordre leurs draps. Mais ce drap pourrait bien être un linceul… peut-être le sien. Gare à celui qui aide de mauvaise grâce, ou qui tord le linge à contresens : les lavandières lui brisent les bras.
Le dolmen se trouve à la sortie nord du bourg de Brennilis : prenez la D36 vers le nord sur environ 400 mètres, puis tournez à droite vers Bellevue. Un petit parking et une aire de pique-nique sont aménagés. Le monument est fragile et a déjà été dégradé : respectez-le. Et si, au retour, vous passez près d’un lavoir à la tombée de la nuit… ne répondez pas si l’on vous appelle.