Illustration de la légende des nonnes de Randoire contre le basilic, à Cusance (Doubs)

Le récit

Dans le Doubs, au fond du val de Cusance, se dressait autrefois le monastère de Randoire. Des religieuses y vivaient, à l’écart du monde, dans un vallon que l’on disait maudit.

Car dans ces bois rôdait un basilic. La créature était née, disait-on, d’un œuf de coq couvé par un crapaud. Son regard seul suffisait à tuer : quiconque croisait ses yeux tombait foudroyé. Les sœurs vivaient dans la peur.

Une religieuse, pourtant, ne se résigna pas. Prudente et rusée, elle savait qu’il ne fallait jamais regarder le monstre en face. Elle prit un miroir ancien et alla à sa rencontre, le visage détourné. Quand le basilic leva les yeux, il ne vit pas la nonne : il vit son propre reflet. Pris au piège de son regard, il s’effondra, foudroyé par son propre pouvoir.

La nouvelle courut parmi les sœurs. Le val de Cusance était délivré, et la dame de Randoire avait prouvé que l’intelligence peut venir à bout des pires créatures.

Ce que disent les archives

  • Un monstre venu de l’Antiquité. Le basilic est déjà décrit par Pline l’Ancien comme un serpent capable de tuer par son seul regard. Le Moyen Âge en fait une créature hybride, mi-coq mi-serpent, née d’un œuf pondu par un vieux coq et couvé par un crapaud.
  • Le miroir, arme absolue. Le seul moyen connu de vaincre le basilic était de lui renvoyer son propre regard à l’aide d’un miroir. Ce motif se retrouve dans de nombreuses légendes européennes, comme celle du basilic de Vienne, en Autriche.
  • Un val chargé d’histoire. Le val de Cusance, près de Baume-les-Dames, a abrité une seigneurie puissante au Moyen Âge, celle des sires de Cusance.
  • À vérifier. Nous n’avons trouvé aucune source en ligne sur le monastère de Randoire ni sur la légende du basilic. Si vous en connaissez une, écrivez-nous.

Sur place

Le val de Cusance, dans le Doubs, est un vallon verdoyant traversé de sources et de cascades, apprécié des randonneurs. Plusieurs boucles balisées permettent de remonter jusqu’aux sources. Emportez un petit miroir dans votre sac : on ne sait jamais.

Pour aller plus loin

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