Quand l’orage menace sur le piémont des Vosges, mieux vaut éviter la route qui monte d’Epfig vers Barr. Un carrosse sort alors des ténèbres, ruisselant de sang. Des pas invisibles l’accompagnent.
Sur le siège, un squelette tient les rênes, un couteau rouillé au poing. Les chevaux eux-mêmes ne sont que des carcasses dont les os cliquettent à chaque foulée. À l’intérieur, un homme au visage émacié est assis, sa propre tête posée sur les genoux. D’une main décharnée, il la tend par la portière, pour que le passant la voie bien.
Cet homme, c’est Euloge Schneider, l’accusateur public de Strasbourg sous la Terreur, celui qui fit trembler toute l’Alsace en 1793.
Des lueurs dansent autour de l’attelage, le ciel se déchire, le tonnerre gronde. Pour les uns, le carrosse est condamné à rouler pour l’éternité sous le poids des souffrances qu’il a causées. Pour les autres, ce sont ses victimes qui ont juré de le hanter, et qui le ramènent sur la route à chaque orage.
La route qui relie Epfig à Barr traverse le vignoble du piémont, sur la Route des vins d’Alsace, au pied du mont Sainte-Odile. Le jour, c’est l’une des plus belles routes de la région. Les soirs d’orage, on peut préférer l’autoroute.
Euloge Schneider était un moine franciscain qui a vécu pendant la Révolution française. Né le 20 octobre 1756 à Wipfeld, en Bavière, il est devenu célèbre en tant qu'accusateur auprès du tribunal criminel de Strasbourg [1][2]. À l'origine renvoyé de l'ordre franciscain en raison de ses prêches considérés comme peu orthodoxes, Schneider s'est engagé dans la politique et est devenu un personnage central de la Terreur pendant la Révolution française [1][4]. Il est mort guillotiné à Paris le 1er avril 1794 [1][2].
Euloge Schneider est réputé pour avoir orchestré des milliers d'exécutions pendant la Révolution, répandant la terreur dans le département et provoquant l'arrestation de nombreuses personnes, des déportations, des confiscations de biens et d'autres violences [3][4]. Ses actions ont été décrites comme brutales et oppressives, et il a suscité le mépris et la haine de certains contemporains [6].
[1] "Euloge Schneider. Johann Georg Schneider, dit Euloge Schneider, né à Wipfeld ( Bavière) le 20 octobre 1756 et mort guillotiné à Paris le 1 er avril 1794, est un moine franciscain, renvoyé pour ses prêches peu orthodoxes, devenu accusateur auprès du tribunal criminel de Strasbourg pendant la Révolution française ."
URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Euloge_Schneider
[2] "Johann Georg Schneider, dit Euloge Schneider, né à Wipfeld le 20 octobre 1756 et mort guillotiné à Paris le 1er avril 1794, est un moine franciscain, renvoyé pour ses prêches peu orthodoxes, devenu accusateur auprès du tribunal criminel de Strasbourg pendant la Révolution française."
URL: https://www.wikiwand.com/fr/Euloge_Schneider
[3] "Jun 23, 2020 · C’est Euloge Schneider, le grand massacreur de Strasbourg qui fit exécuter des milliers de personnes pendant la révolution. « Pour aller plus loin. IdRef Schneider, Euloge; Charles Nodier Souvenirs et portraits de la Révolution française La Revue de Paris, tome 1, 1829 (p. 141-157) E. Mühlenbeck, Euloge Schneider, 1793, 1896"
URL: https://www.dalsaceetdailleurs.com/2020/06/23/euloge-schneider-legende-de-la-terreur/
[4] "Appuyé de la force armée et du Tribunal révolutionnaire de Schneider, il répandoit la terreur dans tout le Département ; des arrestations sans nombre, des déportations, le brigandage exercé sur toutes les fortunes, la violation de la pudeur, les confiscations, les menaces sanguinaires firent trembler l’humanité, paralysèrent les ressorts de la vie sociale, firent émigrer plusieurs ..."
URL: https://www.cairn.info/la-revolution-francaise-en-alsace-et-en-lorraine--9782262007553-page-376.html
[5] "Johann Georg Schneider, dit Euloge Schneider, né à Wipfeld le 20 octobre 1756 et mort guillotiné à Paris le 1 er avril 1794, est un moine franciscain, renvoyé pour ses prêches peu orthodoxes, devenu accusateur auprès du tribunal criminel de Strasbourg pendant la Révolution française."
URL: https://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Euloge%20Schneider/fr-fr/
[6] "le mépris et la haine que Heigel voue à Schneider (6). Avant 1870, aucun historien, même allemand, n'a entre-pris de franchement réhabiliter Euloge Schneider. L'ar-und 19. Jahrhunderts , Augsburg und Leipzig, i8a&-a5 ; sur Schneider, tome II, 2, p. 2 10-2 1 3), p. 2i3, reconnaissent tout ce qu'ils lui doivent. Dès 1798"
URL: https://www.jstor.org/stable/pdf/41924085.pdf