Illustration de la légende de saint Marcel et du dragon de la Bièvre, à Paris

Le récit

Paris, au Ve siècle. Hors des murailles de la cité, une dame noble à la conduite coupable a été mise au tombeau. Mais la terre ne la garde pas en paix. De sa sépulture surgit un dragon, né de ses péchés. Il quitte les marais, sème la terreur alentour, et personne n’ose l’approcher.

Personne, sauf l’évêque Marcel. Le vieil homme sort de la ville, seul, sa crosse à la main. Il suit la piste du monstre jusqu’à son repaire.

Le dragon se dresse devant lui, les yeux pleins de flammes. Marcel lève sa crosse et prie. Il frappe la bête, une fois, deux fois, trois fois. Le monstre baisse sa tête hideuse, vaincu. Il agite la queue en signe de soumission, comme un chien devant son maître. Puis il s’éloigne et disparaît à jamais.

Les Parisiens n’oublièrent pas. Pendant des siècles, lors des processions des Rogations, ils promenaient autour de Notre-Dame un grand dragon d’osier. Les enfants lançaient des gâteaux et des friandises dans sa gueule ouverte. On les distribuait ensuite aux malades de l’Hôtel-Dieu.

Ce que disent les archives

  • Un évêque historique. Marcel fut évêque de Paris. Il est né sur l’île de la Cité dans une famille modeste et mort en 436. Sa vie a été écrite à la fin du VIe siècle par le poète Venance Fortunat, qui lui prête de nombreux miracles : changer l’eau en vin, tenir un fer rouge sans se brûler.
  • Le dragon de la Bièvre. Selon Fortunat, le dernier miracle de Marcel fut de soumettre un dragon qui allait dévorer le corps d’une femme noble, morte en état de péché. La bête sortait de la forêt de Bièvre. L’évêque la frappa trois fois de sa crosse et la chassa. Cela se passait dans le futur faubourg Saint-Marcel, sur la rive gauche.
  • Un saint parisien. Marcel fut enterré le long de la voie romaine vers Lyon, et une église se forma autour de son tombeau. Elle a donné son nom au faubourg Saint-Marcel. Pendant les invasions normandes, ses reliques furent mises à l’abri à Notre-Dame.
  • Un dragon de procession. Comme la Tarasque de Tarascon ou le Graoully de Metz, le dragon de saint Marcel était porté en procession. Ces effigies figuraient le mal vaincu par la foi.

Sur place

Sur le portail Sainte-Anne de Notre-Dame de Paris, au trumeau, une statue de saint Marcel le montre en train de terrasser le dragon de sa crosse. Le quartier Saint-Marcel, autour du boulevard du même nom dans le 5e et le 13e arrondissement, garde le souvenir de l’évêque. La Bièvre, elle, coule aujourd’hui sous les pavés.

Sources

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