Illustration de la légende de la fontaine qui montrait le futur mari, à Clamart (Hauts-de-Seine)

Le récit

Au cœur des bois de Clamart, à deux pas de l’agitation parisienne, une source discrète coule sous les frondaisons : la fontaine Sainte-Marie. Elle ne figure plus sur les grandes cartes touristiques. Mais autrefois, toute la jeunesse du pays en connaissait le chemin.

On ne venait pas là pour une simple promenade. On venait confier ses espoirs à l’eau. Ceux qui rêvaient de se marier dans l’année priaient longuement, dans un silence presque religieux. Les jeunes filles, elles, se penchaient au-dessus du bassin et fixaient la surface immobile. Avec un peu de chance, et beaucoup de foi, un visage finissait par s’y dessiner : celui de leur futur époux.

La fontaine avait d’autres pouvoirs. On lui prêtait des vertus de guérison : maux du corps, douleurs mystérieuses, petites misères du quotidien semblaient s’effacer chez ceux qui venaient y boire avec confiance.

Si vous vous aventurez aujourd’hui dans les bois de Clamart et que vous tombez sur la vieille fontaine, prenez le temps de vous pencher au-dessus de l’eau. Entre les feuilles qui bruissent et les ombres qui dansent, qui sait quel reflet vous attend ?

Ce que disent les archives

  • Une fontaine bien attestée. Les cartes postales du début du XXe siècle montrent la « fontaine Ste Marie » dans le bois de Meudon-Clamart, avec son bassin de pierre où posent des jeunes filles. D’autres cartes de la même époque mentionnent une allée menant à une « fontaine du Lynx », toute proche.
  • Un rite très répandu. Les fontaines « à marier », où l’on venait lire son avenir sentimental dans le reflet de l’eau ou en y jetant une épingle, existaient dans toute la France. Beaucoup étaient placées sous la protection de la Vierge ou d’un saint guérisseur.
  • Des eaux qui soignent. Les fontaines guérisseuses comptent parmi les plus anciens lieux de dévotion populaire. L’Église a souvent christianisé ces sources vénérées dès l’Antiquité en leur donnant le nom d’un saint ou de Marie.

Sur place

Le bois de Clamart fait partie de la forêt domaniale de Meudon, accessible à pied ou à vélo depuis Clamart et Meudon. Munissez-vous d’une carte des sentiers pour retrouver la fontaine. Et ne buvez pas son eau : les sources forestières ne sont pas contrôlées, et la magie ne protège pas des bactéries.

Sources

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