À Bucy-le-Long, au-dessus de l’Aisne, la noce ne filait pas tout droit de l’église au banquet. Le cortège faisait d’abord un détour, jusqu’à un grand monolithe que tout le village connaissait : la Pierre de la Mariée.
La jeune épousée y grimpait, dans sa robe de noce, jusqu’au sommet. Là, elle s’asseyait sur un sabot. Puis elle se laissait glisser, sur un seul pied, le long de la pente. En bas, toute la noce retenait son souffle.
Car chaque descente avait un sens. Arrivait-elle en bas facilement ou avec peine ? Par le milieu, par la droite, par la gauche ? De tout cela, les anciens tiraient leurs conclusions sur la « pureté » de la mariée.
Il y avait pire. Parfois, le sabot se brisait en chemin. Alors la noce entière éclatait : « Elle a cassé son sabot ! » Le marié, déconfit, n’avait pas besoin qu’on lui fasse un dessin.
La coutume aurait duré jusqu’à la Révolution. Puis la pierre a disparu, ou s’est affaissée dans la terre. Elle dormirait encore quelque part dans un bois, près du cimetière.
Commencez par l’église Saint-Martin, puis la chapelle Sainte-Marguerite, dans le hameau du même nom. À l’est du village se dresse la tour de l’ancien château, du XIIIe siècle. Et si, au détour d’un bois près du cimetière, vous trouvez une pierre lisse et inclinée, gardez vos sabots aux pieds.