Le récit

Au-dessus de Retournac et de la vallée de la Loire, le mont de la Madeleine dresse son plateau, long et étroit. Les nuits d’automne, des fées y chantaient et dansaient. Elles avaient leur grotte, et devant la grotte un rocher taillé comme un siège. Plus personne, aujourd’hui, ne sait où.

C’était au temps de la Révolution. Un soir, un jeune homme du pays, François-Pierre Baronchet, monta sur le plateau. Il y trouva trois fées qui chantaient et dansaient gaiement. Elles n’avaient rien de farouche : elles l’invitèrent dans leur ronde, et la nuit passa comme un songe.

François-Pierre revint le lendemain, puis tous les soirs. Il était tombé amoureux de l’une d’elles. Pendant des semaines, chaque nuit, il la rejoignait devant la grotte, et ne rentrait chez lui qu’à l’aube.

Un après-midi, il n’y tint plus. Il monta l’attendre en plein jour. Elle était là, assise à l’entrée de la grotte, sur le rocher en forme de tabouret. Mais de son nez et de sa bouche sortaient de grands vers grisâtres, et ses cheveux en grouillaient. François-Pierre s’enfuit en courant. On ne le revit jamais.

Ce que disent les archives

  • Un plateau de lave. Le mont de la Madeleine culmine à 971 mètres. Son sommet volcanique, long d’environ un kilomètre pour une centaine de mètres de large, ressemble au pont d’un porte-avions. Une table d’orientation y embrasse la vallée de la Loire.
  • Une chapelle sur la hauteur. Le prieuré Sainte-Madeleine remonte à la fin du XIIIe siècle. Ruiné après la Révolution, il a été relevé grâce à une souscription. Aux XVIe et XVIIe siècles, on y priait saint Roch contre la peste, et un pèlerinage s’y tient toujours.
  • La beauté de la nuit. Dans bien des récits de fées, leur beauté ne tient que jusqu’au lever du jour. Celui qui les surprend à la lumière découvre ce qu’elles sont vraiment, et ne s’en remet pas.
  • À vérifier. La grotte aux fées et son rocher-siège n’ont jamais été localisés, et nous n’avons trouvé aucune trace de François-Pierre Baronchet dans les sources en ligne. Si vous en savez plus, écrivez-nous.

Sur place

Montez au plateau de la Madeleine par le sentier PR 319, une boucle exigeante de 13 km qui part de la place Boncompain, près de l’office de tourisme. Au sommet, la chapelle Sainte-Madeleine et la table d’orientation dominent la Loire. En redescendant, le musée des Manufactures de Dentelles raconte une autre histoire de fils et de patience. Et si une inconnue vous invite à danser après le coucher du soleil, ne revenez jamais la voir de jour.

Sources

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