Au-dessus de Retournac et de la vallée de la Loire, le mont de la Madeleine dresse son plateau, long et étroit. Les nuits d’automne, des fées y chantaient et dansaient. Elles avaient leur grotte, et devant la grotte un rocher taillé comme un siège. Plus personne, aujourd’hui, ne sait où.
C’était au temps de la Révolution. Un soir, un jeune homme du pays, François-Pierre Baronchet, monta sur le plateau. Il y trouva trois fées qui chantaient et dansaient gaiement. Elles n’avaient rien de farouche : elles l’invitèrent dans leur ronde, et la nuit passa comme un songe.
François-Pierre revint le lendemain, puis tous les soirs. Il était tombé amoureux de l’une d’elles. Pendant des semaines, chaque nuit, il la rejoignait devant la grotte, et ne rentrait chez lui qu’à l’aube.
Un après-midi, il n’y tint plus. Il monta l’attendre en plein jour. Elle était là, assise à l’entrée de la grotte, sur le rocher en forme de tabouret. Mais de son nez et de sa bouche sortaient de grands vers grisâtres, et ses cheveux en grouillaient. François-Pierre s’enfuit en courant. On ne le revit jamais.
Montez au plateau de la Madeleine par le sentier PR 319, une boucle exigeante de 13 km qui part de la place Boncompain, près de l’office de tourisme. Au sommet, la chapelle Sainte-Madeleine et la table d’orientation dominent la Loire. En redescendant, le musée des Manufactures de Dentelles raconte une autre histoire de fils et de patience. Et si une inconnue vous invite à danser après le coucher du soleil, ne revenez jamais la voir de jour.