Entre les douces collines du Pays basque, à deux pas de l’océan, une maison ne laisse personne indifférent : Anténéa. Bâtie au XVIIe siècle, elle domine une colline d’Ahetze, près de Guéthary.
Bien avant que la maison ne sorte de terre, un chêne aux formes tourmentées régnait sur la colline. Un drame s’y serait joué : un homme y aurait mis fin à ses jours, pendu à ses branches. L’arbre a disparu depuis longtemps. Mais il a laissé derrière lui une réputation sinistre, qu’Anténéa n’a jamais réussi à effacer.
Car à la nuit tombée, aux abords de la maison, rôde un prêtre sans tête. De son vivant, il se serait livré à la sorcellerie. Mort, il n’a pas renoncé : une lumière flottante à la main, il appelle sorciers et démons au sabbat.
D’Ahetze jusqu’aux abords de Saint-Jean-de-Luz, les ombres se mettent en marche. Sorcières et sorciers s’en vont en file ininterrompue, le long du ruisseau de Baldereta, jusqu’à la plage de Guéthary. Là, sur le sable, éclatent des danses endiablées : la jota, le fandango, toutes ces danses que les inquisiteurs tenaient pour la plus pure expression du diable.
Si vous passez un soir non loin d’Anténéa, guettez les lumières qui flottent dans l’obscurité. Une brise portera peut-être jusqu’à vous l’écho de chants et de danses d’un temps révolu.
Anténéa est une demeure habitée : admirez-la depuis la route, sans entrer. Vous pouvez en revanche refaire le chemin des sorcières, d’Ahetze jusqu’à la plage de Guéthary, et terminer par une promenade sur le front de mer au coucher du soleil. À l’heure où les lumières s’allument sur la côte, à vous de dire lesquelles sont vraiment humaines.