À Oderen, dans la haute vallée de la Thur, la forêt descend jusqu’aux dernières maisons. Un soir, des villageois remarquent une lueur au cœur des bois. Puis la nuit suivante, encore. Toujours au même endroit. Pas un feu de charbonnier. Pas une lanterne oubliée. Autre chose.
Guidés par cette clarté, les plus hardis finissent par trouver une petite grotte. À l’intérieur les attend une statue de la Vierge, l’Enfant Jésus sur un bras, un sceptre dans l’autre main. Posée là, seule, comme si elle attendait quelqu’un.
Émus, les villageois la portent en procession jusqu’à l’église. Le lendemain matin, la niche est vide : la statue est retournée dans sa grotte. On recommence, plusieurs fois. Chaque fois, la Madone regagne son abri forestier. Certains jurent même l’avoir vue pleurer pendant l’un des transferts. Il fallut se rendre à l’évidence : elle refusait d’être déplacée.
On construisit donc une chapelle à l’endroit même de la découverte : Notre-Dame-du-Bon-Secours, que l’on appelle en allemand Maria Hilf, « Marie, à l’aide ! ». Le nom viendrait du cri d’une possédée venue implorer la Vierge, et qui aurait été délivrée.
Comme souvent, les versions varient. Pour certains, ce sont des charbonniers qui découvrirent la statue en récitant leur Ave Maria devant la grotte. D’autres parlent d’un charretier enlisé dans un marécage, sauvé de justesse par une apparition, ou d’un enfant miraculeusement épargné par une chute mortelle.
La chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours se trouve sur la Grand’Rue d’Oderen. Descendez dans les cryptes pour voir le rocher d’origine et les mosaïques, puis montez l’escalier monumental jusqu’à la chapelle haute. Le chemin de croix offre ensuite une belle promenade jusqu’au calvaire. Respectez le calme du lieu : c’est toujours un sanctuaire de pèlerinage.