Illustration de la légende de Notre-Dame-du-Bon-Secours, la Vierge de la grotte, à Oderen (Haut-Rhin)

Le récit

À Oderen, dans la haute vallée de la Thur, la forêt descend jusqu’aux dernières maisons. Un soir, des villageois remarquent une lueur au cœur des bois. Puis la nuit suivante, encore. Toujours au même endroit. Pas un feu de charbonnier. Pas une lanterne oubliée. Autre chose.

Guidés par cette clarté, les plus hardis finissent par trouver une petite grotte. À l’intérieur les attend une statue de la Vierge, l’Enfant Jésus sur un bras, un sceptre dans l’autre main. Posée là, seule, comme si elle attendait quelqu’un.

Émus, les villageois la portent en procession jusqu’à l’église. Le lendemain matin, la niche est vide : la statue est retournée dans sa grotte. On recommence, plusieurs fois. Chaque fois, la Madone regagne son abri forestier. Certains jurent même l’avoir vue pleurer pendant l’un des transferts. Il fallut se rendre à l’évidence : elle refusait d’être déplacée.

On construisit donc une chapelle à l’endroit même de la découverte : Notre-Dame-du-Bon-Secours, que l’on appelle en allemand Maria Hilf, « Marie, à l’aide ! ». Le nom viendrait du cri d’une possédée venue implorer la Vierge, et qui aurait été délivrée.

Comme souvent, les versions varient. Pour certains, ce sont des charbonniers qui découvrirent la statue en récitant leur Ave Maria devant la grotte. D’autres parlent d’un charretier enlisé dans un marécage, sauvé de justesse par une apparition, ou d’un enfant miraculeusement épargné par une chute mortelle.

Ce que disent les archives

  • Une première chapelle en 1680. L’Inventaire général du patrimoine culturel confirme que le premier édifice a été bâti en 1680 contre un rocher creusé pour abriter la statue. La Vierge reste ainsi, littéralement, dans sa grotte.
  • Un pèlerinage qui ne cesse de grandir. Agrandie et bénie en 1716, reconstruite vers 1775 face à l’afflux de pèlerins, la chapelle est détruite à la Révolution, puis relevée dès 1802.
  • Un sanctuaire creusé dans la roche. L’édifice actuel est construit en 1893 et 1894, en creusant encore le rocher, sur les plans de l’architecte mulhousien Frédéric Guillaume Joseph de Tugginer. Il est consacré en septembre 1894.
  • Deux cryptes et un escalier monumental. Le sanctuaire repose sur deux cryptes voûtées, dont l’une est couverte de mosaïques. Un grand escalier mène à la chapelle haute, ornée de vitraux et de peintures. Un chemin de croix, érigé en 1898, monte jusqu’à un calvaire.
  • Un motif fréquent. La statue qui revient d’elle-même à l’endroit de sa découverte est l’un des récits de fondation les plus répandus pour les sanctuaires mariaux.

Sur place

La chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours se trouve sur la Grand’Rue d’Oderen. Descendez dans les cryptes pour voir le rocher d’origine et les mosaïques, puis montez l’escalier monumental jusqu’à la chapelle haute. Le chemin de croix offre ensuite une belle promenade jusqu’au calvaire. Respectez le calme du lieu : c’est toujours un sanctuaire de pèlerinage.

Sources

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