Le récit
Au milieu du XVIe siècle, Catherine de Médicis, reine de France, aimait se parer d’atours étranges et de bijoux insolites. Elle se lassa pourtant des parfums d’Orient, importés à prix d’or, et voulut des essences plus rares.
On lui parla des rivages de Provence, où les fleurs poussaient en abondance. Elle fit venir de Florence un savant nommé Tombarelli. Celui-ci étudia les fleurs sauvages de la région, puis s’installa à Grasse, idéalement placée pour les cultiver.
Les premières essences furent tirées de la lavande et du romarin. On les vendit à la grande foire de Beaucaire, puis dans tout le royaume. La cour de France découvrit de nouvelles senteurs, et Grasse commença à s’enrichir.
Ce que disent les archives
- D’abord une ville de tanneurs. Au XVe siècle, Grasse était surtout réputée pour ses cuirs, connus dans toute l’Europe pour leur qualité et leur teinte verdâtre due au myrte. Les peaux tannées sentaient fort. Les gantiers prirent l’habitude de les parfumer, et c’est de là qu’est née la parfumerie grassoise.
- La reine et le Florentin. La tradition attribue à Catherine de Médicis la mode des gants parfumés à la florentine, et à un Italien nommé Tombarelli l’orientation de Grasse vers le parfum. Le musée Fragonard rappelle toutefois qu’aucun document n’atteste ces deux récits : ils relèvent de la légende dorée de la ville.
- Les fleurs. Le jasmin est cultivé avec succès à Grasse à partir de 1560 environ. La rose de mai, la tubéreuse et la lavande suivent.
- Gantiers-parfumeurs. Louis XIII crée en 1614 la corporation des maîtres gantiers-parfumeurs. Grasse lui donne des statuts propres en 1724. Peu à peu, le parfum supplante le cuir.
- Un patrimoine reconnu. En 2018, les savoir-faire liés au parfum en pays de Grasse ont été inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
Sur place
Le Musée international de la parfumerie retrace cinq siècles d’histoire. Les grandes maisons historiques de Grasse ouvrent leurs ateliers, et l’on peut visiter des champs de fleurs en saison, notamment pour la rose de mai et le jasmin.
Sources