Le seigneur de Balleure était un homme pieux qui ne manquait jamais la messe du dimanche. Mais un jour, en pleine prière, il entendit aboyer son chien Garelaut, lancé à pleine voix sur la trace d’un gros gibier. La tentation fut trop forte. Le seigneur quitta la messe et s’élança dans les bois.
Or cette partie de la forêt était maudite depuis des siècles. On y avait accompli des sacrifices impies et des rites occultes, dont l’écho traînait encore sous les arbres. Le seigneur venait d’entrer sur le domaine des forces du mal.
On ne retrouva jamais son corps. Seule une lourde pierre portait une marque, comme une griffe du diable.
Depuis, les nuits d’hiver, quand souffle le vent glacé, on entend passer la chasse du seigneur. À sa tête court une créature hideuse, mi-homme mi-loup : Garelaut lui-même, changé en loup-garou par la malédiction de la forêt. Il mène la meute sans relâche derrière un gibier qu’elle n’attrapera jamais.
Le château de Balleure est inscrit aux monuments historiques depuis 1941. C’est une propriété privée qui ne se visite pas, mais on l’aperçoit depuis la route. Les bois et collines d’Étrigny, entre Mâconnais et Chalonnais, se parcourent par plusieurs sentiers balisés, dont la boucle du col de Navois et de la Roche d’Anjou.