Illustration de la légende du Cheval Mallet, la monture maudite du Bernard (Vendée)

Le récit

Au Bernard, en Vendée, les chemins de nuit ne sont pas sûrs. On dit que les âmes déchues y errent sans repos, attachées aux restes de leur vie passée, et qu’elles prennent plaisir à tourmenter les voyageurs attardés. Parmi toutes ces ombres, la plus perfide est aussi la plus belle : le Cheval Mallet.

Il surgit devant ceux qui se sont égarés, une silhouette blanche, élégante, sellée et bridée. Il s’agenouille humblement, comme pour offrir son aide. Le voyageur épuisé, trop heureux de l’aubaine, monte en selle… et le cheval l’emporte dans une course folle, par-dessus les mares noires et les ruisseaux, à travers une nuit qui n’en finit pas. Au matin, il n’y a plus ni cheval ni cavalier. Ceux qui l’ont enfourché ne sont jamais revenus. Seul celui qui porte sur lui une médaille de saint Benoît, ou qui a de quoi payer le prix du voyage, peut espérer en réchapper.

Il y a pire. Au cœur des bois, on entend parfois galoper des chevaux invisibles. Leurs sabots martèlent le sol, et derrière eux résonnent les cris et les halètements des chasseurs de la Chasse Gallery.

Le seigneur qui mène cette troupe infernale paie une faute ancienne. Il est condamné à poursuivre le même cerf, sans relâche, jusqu’à la fin des temps. Ceux qui entendent passer sa course n’en parlent qu’à voix basse.

Ce que disent les archives

  • Un piège à voyageurs. Le Cheval Mallet appartient au folklore de la Vendée et du Poitou, et surtout du pays de Retz, autour du lac de Grand-Lieu. On le décrit comme un beau cheval, blanc ou noir, « proprement sellé et bridé », qui apparaît le soir ou à minuit pour tenter les voyageurs fatigués. Dans les versions collectées, ceux qui l’enfourchent ne reviennent jamais. Pour s’en protéger, il fallait avoir sur soi le prix du voyage ou un talisman, comme une médaille de saint Benoît.
  • Une monture du diable. La tradition voit dans ce cheval un instrument du Diable, voire Satan lui-même. Certains auteurs le rapprochent de Sleipnir, le cheval d’Odin, et de la chasse sauvage.
  • La Chasse Gallery. C’est le nom poitevin et vendéen de la chasse fantastique. On la connaît ailleurs sous les noms de chasse Arthur, chasse Hennequin ou chasse de saint Hubert. Selon les récits, le seigneur Gallery aurait préféré la chasse à la messe et serait condamné à chasser pour l’éternité.
  • À vérifier. Nous n’avons pas trouvé de collecte qui situe précisément ces apparitions au Bernard. Si vous connaissez une version locale, écrivez-nous.

Sur place

Le Bernard est surtout réputé pour ses mégalithes : dolmens et menhirs jalonnent la campagne, reliés par une boucle de randonnée balisée. Un décor tout trouvé pour les chevauchées nocturnes. Si un beau cheval blanc vous propose de vous raccompagner, déclinez poliment.

Sources

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