Illustration de la légende du paludier et du trésor des korrigans, au Pouliguen (Loire-Atlantique)

Le récit

Entre la baie du Scall et celle de la Bonne Vierge, sur la côte sauvage du Pouliguen, une légende se murmure encore quand le vent siffle dans les pins et que la mer cogne contre les rochers. Quelque part au pied des falaises s’ouvre la grotte des Korrigans, repaire de ces petits êtres de la tradition bretonne, malicieux et redoutables.

Leur grotte cache un trésor. Mais l’entrée est scellée par un sort, et seuls des mots magiques permettent d’en franchir le seuil. Ces mots, personne ne les connaît… sauf ceux qui ont gagné la confiance des Korrigans.

Ce fut le cas de Pierre-Marie Cavalin, un paludier de Batz-sur-Mer. Un soir du XIXe siècle, une vieille femme hideuse frappa à sa porte pour demander un abri. Cavalin la fit entrer sans poser de questions. Pendant la nuit, la mendiante se transforma en une créature splendide, couverte d’or et de diamants : c’était la reine des Korrigans. Pour le remercier, elle lui confia les mots qui ouvraient sa grotte. Il pourrait y prendre autant d’or qu’il voudrait, à une condition : y aller de nuit, et être rentré avant le lever du soleil.

Cavalin fit plusieurs voyages. Mais une nuit, ébloui par l’éclat de l’or, il perdit la notion du temps. Quand le jour se leva, la magie se dissipa et le trésor lui fila entre les doigts. Il ne lui resta qu’une part, qu’il avait eu la prudence de cacher sous un menhir, près de la plage Saint-Michel, à Batz-sur-Mer. Nul ne l’a jamais retrouvée.

Émue par son désarroi, la reine des Korrigans ne le laissa pas repartir les mains vides. Elle lui offrit un plat enchanté, qui se remplissait tout seul trois fois par jour. Une belle consolation… mais bien maigre au regard de la fortune perdue.

Ce que disent les archives

  • Une légende toujours racontée. L’office de tourisme de La Baule-Guérande relate encore l’histoire de Cavalin, le paludier qui hébergea la reine des Korrigans. La grotte qui porte leur nom est la plus connue et la plus accessible de la côte sauvage du Pouliguen.
  • Un pays de sel. Les paludiers récoltent le sel dans les marais de Guérande depuis des siècles. À Batz-sur-Mer, les villages de Kervalet, Trégaté ou Roffiat et le musée des Marais salants perpétuent ce savoir-faire.
  • Les korrigans, figures bretonnes. Ces petits êtres, gardiens de trésors et amateurs de danses nocturnes, hantent les dolmens, les landes et les grottes de toute la Bretagne. Ils récompensent la bonté et punissent l’avidité : Cavalin en fit l’expérience.
  • Des voisines bruyantes. Tout près de la grotte, la Pierre Plate, surnommée le « Trou du Diable », gronde comme le tonnerre quand la mer s’engouffre dans ses failles à mi-marée.

Sur place

La grotte des Korrigans se visite à marée basse, le long du sentier côtier (GR 34) qui longe la côte sauvage du Pouliguen. Consultez l’horaire des marées avant de partir, et ne vous laissez pas surprendre par la mer. Poussez ensuite jusqu’à la plage Saint-Michel, à Batz-sur-Mer : qui sait quel menhir garde encore la part de Cavalin ?

Sources

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