Illustration de la légende du Biringue et des dames blanches du château de Vaujours (Indre-et-Loire)

Le récit

Les ruines du château de Vaujours dorment au fond d’un vallon boisé, en Touraine. Entre les tours éventrées et les douves envahies de verdure, la nuit fait remonter de vieilles histoires. Ici, fées, dames blanches et bêtes de la nuit se croisent.

Les soirs d’été, des fées viennent danser autour d’un ancien menhir. Mais elles ne sont pas seules à fréquenter les lieux.

Entre les murs résonnent les pleurs de trois dames blanches, filles du cruel baron d’Alluye. À son retour de croisade, le baron fit pendre leurs amants. Folles de chagrin, les trois sœurs traînèrent les corps jusqu’à l’étang voisin et s’y jetèrent avec eux. Leurs lamentations hantent encore les ruines.

On parle aussi, dans les environs, de la chasse d’Arquin, qu’on appelle encore Herlequin : une meute de cavaliers fantômes qui traverse le ciel à la poursuite des âmes perdues. Et dans les bois, certains disent avoir entendu hurler le guérou, le loup-garou du pays.

Mais la plus étrange de ces créatures est le Biringue. Il court la campagne en poussant des cris effrayants. Il a la forme d’un sac fermé aux deux bouts, et il brille d’une lueur surnaturelle. Pour les uns, c’est le gardien des trésors perdus du vallon. Pour les autres, un messager de l’au-delà qui annonce un malheur.

Ce que disent les archives

  • Une forteresse bien réelle. Le château de Vaujours se trouve à environ 3 km au sud de Château-la-Vallière (Indre-et-Loire). Il a été bâti entre le XIIe et le XVe siècle et sa construction est attribuée vers 1250 à Hugues VI d’Alluye ou à Rotron de Montfort. Le premier seigneur connu, Hugues Ier d’Alluye, est mentionné en 978. La famille d’Alluye a donc bien tenu les lieux.
  • Le château de Louise de La Vallière. Louis XIV acheta Vaujours en 1666 et le donna l’année suivante à sa favorite, Louise de La Vallière, faite duchesse de La Vallière et de Vaujours. Abandonné à la Révolution, il servit ensuite de carrière de pierres. Les ruines sont classées monument historique depuis 1989.
  • La mesnie Hellequin. La « chasse d’Arquin » est une forme locale de la mesnie Hellequin, cette troupe de morts errants décrite au XIIe siècle par le moine normand Orderic Vital. Son nom a d’ailleurs donné celui d’Arlequin.
  • Le guérou. C’est l’une des formes régionales du mot « garou », usitée en Touraine et dans le Centre-Ouest.
  • À vérifier. Nous n’avons trouvé aucune source écrite pour le Biringue ni pour la légende des trois filles du baron d’Alluye. Si vous connaissez la collecte d’origine, écrivez-nous.

Sur place

Le château est une propriété privée. Il ouvre lors de visites guidées organisées par l’association qui veille sur le site, notamment pendant les Journées européennes du patrimoine. Sinon, les ruines s’aperçoivent depuis les chemins du vallon de la Fare. Le soir, les cris du Biringue ne sont pas au programme.

Sources

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