Les ruines du château de Vaujours dorment au fond d’un vallon boisé, en Touraine. Entre les tours éventrées et les douves envahies de verdure, la nuit fait remonter de vieilles histoires. Ici, fées, dames blanches et bêtes de la nuit se croisent.
Les soirs d’été, des fées viennent danser autour d’un ancien menhir. Mais elles ne sont pas seules à fréquenter les lieux.
Entre les murs résonnent les pleurs de trois dames blanches, filles du cruel baron d’Alluye. À son retour de croisade, le baron fit pendre leurs amants. Folles de chagrin, les trois sœurs traînèrent les corps jusqu’à l’étang voisin et s’y jetèrent avec eux. Leurs lamentations hantent encore les ruines.
On parle aussi, dans les environs, de la chasse d’Arquin, qu’on appelle encore Herlequin : une meute de cavaliers fantômes qui traverse le ciel à la poursuite des âmes perdues. Et dans les bois, certains disent avoir entendu hurler le guérou, le loup-garou du pays.
Mais la plus étrange de ces créatures est le Biringue. Il court la campagne en poussant des cris effrayants. Il a la forme d’un sac fermé aux deux bouts, et il brille d’une lueur surnaturelle. Pour les uns, c’est le gardien des trésors perdus du vallon. Pour les autres, un messager de l’au-delà qui annonce un malheur.
Le château est une propriété privée. Il ouvre lors de visites guidées organisées par l’association qui veille sur le site, notamment pendant les Journées européennes du patrimoine. Sinon, les ruines s’aperçoivent depuis les chemins du vallon de la Fare. Le soir, les cris du Biringue ne sont pas au programme.